Pour George Soros, « les dirigeants européens mènent l’Europe à sa perte »

Commentaires du DECODEUR : Dans cet entretien avec le journal Le Monde, Soros suggère de créer un holding à travers la BCE, une entité paneuropéenne, afin de « sauver l’Europe ». Étrangement, Christine Lagarde du FMI proposait la même chose mardi dernier, soit de créer une entité paneuropéenne supranationale pour recapitaliser les banques des pays d’Europe. Soros et Lagarde sont-ils de mèche? Bien sûr! Cette entité paneuropéenne supranationale serait donc une autre étape vers la destruction de la souveraineté économique des pays de l’Europe.

Extraits de l’article :

Quel regard portez-vous sur l’élection présidentielle française ?

Je ne vous dirai pas pour qui je voterais si j’étais Français ! Je pense que ce scrutin peut faire une différence en permettant une inflexion de la politique française, quel que soit le candidat élu. La France est dans une situation précaire : le marché du travail doit être assoupli, l’âge du départ à la retraite encore relevé, comme en Allemagne qui reste un modèle sur ce point. La France est vraiment en retard.

Cela dit, la politique européenne reste clairement entre les mains de l’Allemagne. Si François Hollande est élu, il lui sera difficile de s’éloigner de la ligne allemande. Une remise en cause de l’orthodoxie financière pourrait exposer le pays à une attaque des marchés.

Etes-vous inquiet de la situation actuelle de la zone euro ?

Je crains que la politique des dirigeants actuels ne mène à un désastre. L’euro menace de détruire l’Union européenne et avec les meilleures intentions, les dirigeants sont en train de mener l’Europe à sa perte en essayant de préserver et d’imposer des règles inappropriées. Et ceux qui jugent la situation intolérable sont désormais tentés par une positon antieuropéenne.

Même si l’euro survit, l’Europe a devant elle une période de grandes difficultés. Elle pourrait être similaire à ce qui est arrivé à l’Amérique latine après la crise de 1982 – une décennie perdue – ou au Japon, qui voit la croissance stagner depuis vingt-cinq ans. Ces pays ont tout de même survécu, mais l’Union européenne n’est pas un pays et je crains qu’elle n’y survive pas.

A quelles règles inappropriées faites-vous référence ?

Les traités de Maastricht et le traité de Lisbonne ont donné de profonds défauts à l’euro. Le premier est connu de longue date : il n’y a pas de Trésor commun, permettant d’emprunter au niveau européen. Mais surtout, et les dirigeants en étaient moins conscients, l’introduction de l’euro a créé de la divergence au lieu d’instaurer de la convergence.

La crise ayant démarré en 2008 a engendré des situations d’endettement et de déficit très éloignées des critères de Maastricht. Les pays les plus fragiles de la zone euro ont découvert qu’ils sont dans une situation de pays du tiers monde, comme s’ils étaient endettés dans une monnaie étrangère. Avec à la clé de réels risques de défaut. Essayer de faire respecter des règles qui n’ont pas fonctionné n’a fait empirer la crise. Malheureusement, les autorités ne le comprennent pas. Elles font trop peu, trop tard et la crise s’amplifie. Pour la première fois, il est désormais possible que l’euro éclate.

L’action de la BCE trouve-t-elle grâce à vos yeux ?

Mario Draghi a lancé une mesure hors du commun avec les 1 000 milliards de liquidités injectés dans le système à travers ses prêts à trois ans. Mais les effets de cette opération ont été cassés par la contre-attaque menée par la Bundesbank [la banque centrale allemande]. Vu l’augmentation de la taille du bilan de la BCE, la Bundesbank s’est aperçu qu’elle encourait de lourdes pertes si jamais l’euro venait à éclater et s’oppose donc à la poursuite de cette politique afin de se protéger. Espérons que cela ne soit pas une prophétie auto-réalisatrice…

Quelles sont vos pistes pour sauver la zone euro ?

La crise peut être stoppée à tout moment. Mais il faut pour cela que les autorités réalisent qu’à situation extraordinaire, il faut des réponses extraordinaires, « out of the box » (« hors de la boîte »). Mais les règles ont besoin d’être changées pour être sûr que le système ne ressorte pas de sa boîte.

Une proposition radicale serait de créer une holding à travers la BCE, où les Etats transféreraient 2 000 à 3 000 milliards d’euros d’obligations et n’auraient plus à payer d’intérêt. Ce qui donnerait une bouffée d’air à certains pays fragiles : l’Italie n’aurait plus besoin d’un excédent primaire s’élevant à 3 % du produit intérieur brut pour réduire sa dette. Il faudrait également un agenda de croissance pour la zone euro. Il est impossible de réduire la dette en faisant plonger la croissance économique.

[Lire l’article au complet sur lemonde.fr]

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